“Je ne pense pas que les Français qui ont à comprendre le contenu de cette réforme se préoccupent de savoir si c’est dans un projet de loi de financement rectificative de la Sécurité sociale ou dans un projet de loi ordinaire”, a déclaré la Première ministre le 23 janvier lors de ses vœux à la presse. Mais celui qui pourrait bien s’en préoccuper, c’est le Conseil constitutionnel. Quelques remarques de son président, Laurent Fabius, ont fuité dans le Canard enchaîné le 18 janvier : “Nous ne voulons pas de détournement de procédure”. C’est une menace à peine voilée envoyée au gouvernement : il pourrait y avoir de la censure. Le gouvernement subit donc des assauts sociaux, des assauts politiques, il rencontre des problèmes internes à sa majorité, mais il pourrait aussi avoir à se battre sur le terrain constitutionnel. Il ne faut pas s’attendre à ce que la réforme des retraites soit retoquée dans son ensemble. Il n’y a qu’une mobilisation sociale massive qui puisse faire reculer le gouvernement. Néanmoins il faudra être attentif à l’attitude des Sages, car ils pourraient ajouter un élément de pression. On verra alors si le Conseil constitutionnel est un contre-pouvoir, ou bien s’il agit comme un passe-plat pour le gouvernement.
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